L’oiseau

On cherche tous
Les yeux qui sauront voir
En nous
Le ciel
Que nous ne voyons pas.
On se cherche tous
Entre les bras des autres
Des ailes
A déployer.
Sans savoir
Que depuis toujours
L’oiseau
Vit en nous.
Qu’il suffirait d’ouvrir
La cage
Pour que le ciel
Tout entier
Se mette à chanter.
On cherche tous
Dans le vide-poches
Du voisin
La clé
Du ciel
Alors que depuis le début
Par peur de la perdre
On l’avait
Dans la main.
Peut-être même
Que toute ton enfance
On t’a seriné
Que tu tu n’étais pas capable
De voler.
Que tu étais faite
Pour les cages.
Qu’au-dehors les chats
Allaient te dévorer.
Que l’horizon était trop loin
L’azur trop bleu
Que le ciel était trop vaste
Pour toi.
Et l’oiseau étouffait.
Et puis un matin
De trop plein
S’engorger de plumes
Déborder le ciel
Cracher un cri
Scier les barreaux.
Enfin
Ouvrir
Les doigts
Respirer
Et laisser s’envoler
L’oiseau.