Poézies

  • Poézies

    Consolation

    J’aimerais écrire un livre
    qui s’intitulerait « Le livre de la consolation ».
    C’est un livre
    qui pourrait te prendre
    entre ses bras,
    toi qui l’ouvrirais,
    et qui t’offrirait
    au fil des mots, des phrases et des pages
    ce qui te manque,
    ce qui nous manque à tous,
    bien trop, et bien trop souvent.
    Je veux parler de la douceur.
    La douceur que nous perdons fatalement
    à la seconde même où nous quittons
    le ventre de notre mère
    et que nous passons notre vie à chercher
    dans les yeux et dans les corps de nos amants, de nos amis, de nos parents.
    La douceur.
    Notre seule arme contre la mort et l’oubli,
    les deux ombres qui se tiennent en permanence derrière nous,
    même au creux de la nuit.
    Surtout au creux de la nuit.
    La douceur.
    Pour vivre encore. Même si tout finit.
    J’aimerais écrire un livre. Le livre de la consolation.
    Un livre qui te prendrait entre ses bras.
    Un livre qui te dirait :
    « Viens. Viens contre moi, mon enfant, mon amour, mon ami.
    Viens. Viens et vis. »

  • Poézies

    Des mesures

    Selon
    un récent rapport du ministère,
    nos vies ne seraient rien d’autre
    que des coquilles d’escargots vides
    à concasser à la va-vite
    sous un mocassin velu.
    Sérieux, le ministre nous l’assure :
    Dès l’aube des mesures
    de la semelle
    seront prises.